Beaucoup de locataires et de propriétaires se posent la même question : à partir de quel moment court réellement le délai de préavis ? La règle générale et simple est la suivante : le préavis commence à la date de réception effective du congé. Autrement dit, ce n’est pas le cachet de la poste qui fixe le départ, mais la réception du courrier ou de la notification par le destinataire.
Principe général : réception = point de départ
Que vous soyez locataire qui donne congé ou propriétaire qui notifie la fin du bail, le délai légal démarre le jour où la lettre ou la notification est reçue. Cette règle s’applique indépendamment du mode de transmission, mais la preuve de la réception est déterminante en cas de contestation. Dans la pratique, on trie la question en trois points : durée applicable, date précise de fin et preuve de réception.
Durées courantes du préavis
- Location vide (bail non meublé) : préavis standard de trois mois.
- Location meublée : préavis d’un mois.
- Réduction à un mois possible pour certains motifs : logement situé en zone tendue, mutation professionnelle, perte d’emploi, raison de santé justifiée, etc.
Calcul jour pour jour : comment déterminer la date de fin
Le calcul se fait en général « jour pour jour ». Si le congé est reçu le 10 mars et le préavis est de trois mois, la fin du préavis sera le 10 juin. Si le mois d’arrivée contient moins de jours que le mois d’arrivée (par exemple réception le 31 janvier), la fin peut tomber le dernier jour du mois suivant (28 ou 29 février selon l’année). Le principe est donc d’aligner la date de fin sur la date de réception, en respectant les contraintes calendaires.
Exemples concrets
| Date de réception | Type de bail | Durée | Date de fin du préavis |
|---|---|---|---|
| 30 avril | Location vide | 3 mois | 30 juillet |
| 31 janvier | Location meublée | 1 mois | 28 février (ou 29 en année bissextile) |
| 15 mars | Location vide (motif valable) | 1 mois | 15 avril |
Modes de notification et preuve de réception
Le point crucial est de pouvoir prouver la date à laquelle le congé a été reçu. Les modes les plus sécurisés sont :
- Lettre recommandée avec avis de réception (LRAR) : le cachet de la poste et l’avis retourné fournissent une preuve solide.
- Remise en main propre contre signature : un accusé signé par le destinataire vaut preuve.
- Notification par huissier : très formelle, elle est incontestable quant à la date de signification.
- Échanges électroniques sécurisés : ils peuvent faire foi si les parties ont validé ce mode et si la preuve d’envoi et de lecture est disponible.
En cas de litige, le locataire doit rassembler tous les éléments (accusé de réception, copie de la lettre, courriels, témoignages) et, si nécessaire, demander un constat d’huissier ou saisir la commission de conciliation ou le tribunal compétent.
Conséquences pratiques et bonnes pratiques pour éviter un mois supplémentaire
Un envoi trop tardif ou mal prouvé peut coûter cher : le locataire pourrait être tenu de payer le loyer jusqu’à la date où le congé est effectivement reçu. Pour éviter cela, voici quelques recommandations pratiques :
- Envoyez le congé suffisamment tôt et conservez une copie datée et signée de la lettre.
- Privilégiez la LRAR ou la remise contre signature pour sécuriser la preuve.
- Notez précisément toutes les dates (envoi, dépôt, réception, accusé).
- Préparez l’état des lieux de sortie en avance et organisez la restitution des clés le dernier jour du préavis.
- Vérifiez les modalités de restitution du dépôt de garantie et les relevés de charges.
En cas de contestation
Si le propriétaire conteste la date de réception, commencez par produire toutes les preuves disponibles et proposez une conciliation amiable. Les associations de locataires, juristes ou avocats spécialisés peuvent aider. Si nécessaire, saisissez la commission départementale de conciliation ou les juridictions compétentes pour trancher sur la date et les éventuelles sommes dues.
En résumé : le préavis commence le jour de réception du congé. Assurez-vous d’utiliser un mode d’envoi sécurisé et de conserver toutes les preuves. Anticipez l’organisation du départ en tenant compte de cette date pour éviter de payer inutilement un mois supplémentaire. En cas de doute ou de situation complexe, n’hésitez pas à demander conseil à un professionnel ou à une association.






