Nouveaux diagnostics locatifs : mieux vaut prévenir que guérir, point vue d’un professionnel

A compter du 1er juillet 2017, les états des installations intérieurs de gaz et d’électricité viendront étoffer le DDT location. De nouveaux marchés en perspectives pour les diagnostiqueurs immobiliers qui devront, en attendant, s’y préparer. Rencontre avec Michael de Richebourg, gérant de l'enseigne BC2E à Bouix qui nous explique comment il s’y prépare.

Diagnostiqueur rural installé depuis le 1er Décembre 2010 à Bouix (Côte d’Or), entre Dijon et Troyes, Michael Richebourg fait partie de ceux qui ont embrassé la profession après une reconversion professionnelle.

Electricien, agent de maitrise technique et encadrement dans une usine auboise puis responsable d'une grande surface de bricolage, c’est bien dans le secteur du diagnostic immobilier qu’il a trouvé à s’épanouir. « Tous les jours je découvre des biens différents, confie ce dernier. Ce qui me plait le plus, c’est cette recherche et ce doute permanent que nous avons quelle que soit la situation. Si nous nous trouvons face à un grenier non accessible, nous devons chercher une solution. Si nous avons un doute sur un matériau nous devons enquêter pour connaître exactement son mode de production. Et bien souvent, rares sont les biens qui ne posent pas question. Chercher les réponses est devenue une véritable passion. C’est un réel travail d’enquêteur ».

Un diagnostiqueur généraliste

Il travaille seul et préfère favoriser l’installation de confrères du réseau BC2E en proximité plutôt que d’embaucher. « Je trouve plus pertinent de monter des synergies avec des confères afin de pouvoir chercher des marchés et donneurs d’ordres de tailles plus importantes (Communes, Offices HLM, etc.) sur un territoire à plus grande échelle, explique Michael Richebourg. Alors oui, je suis bien de ces diagnostiqueurs qui réalisent l’ensemble des prestations, jusqu’à l’amiante avant travaux et démolition ».

Au sujet de l’amiante, « nous avons de la chance avec le Réseau BC2E puisque nous sommes soutenus dans chacune de nos missions par la filiale BC2A. Composée d’experts, elle nous permet de répondre à l’ensemble des problématiques de l’amiante de l’avant-travaux et avant démolition  ainsi que des carottages bitumineux au point que des spécialistes peuvent venir sur place analyser la difficulté pour nous aider à la résoudre ».

Les nouvelles obligations du marché du locatif

Concernant les nouvelles obligations du DDT locatif et plus spécialement les états des installations intérieures de gaz et d’électricité, Michael Richebourg est mesuré. « Mon activité principale ne repose pas sur le marché du locatif, explique ce dernier. En attente des décrets d’application, je m’interroge sur ce marché puisqu’aujourd’hui, bon nombre de propriétaires n’ont pas réalisé les diagnostics locatifs imposés (DPE, amiante, etc.) en premier lieu à cause de la méconnaissance de l’obligation. Depuis la loi Alur et les nouveaux modèles de baux locatifs stipulant clairement les résultats des diagnostics, les choses évoluent un peu, mais leur réalisation n’est toujours pas devenue un automatisme ».

 

« Les diagnostics obligatoires pour la location n’engendrent aucune sanction s’ils ne sont pas réalisés. Le rôle des diagnostics électricité et gaz risquera d’impliquer davantage les propriétaires en cas d’accident si les diagnostics n’ont pas été réalisés. Leur mise en place au 1er juillet 2017 devrait responsabiliser les propriétaires indifférents à la loi.

Or, la logique est différente de celle de la vente. Si un vendeur n’accorde que peu d’importance au contenu, il sait qu’avec les diagnostics dans le cadre d’une vente, il se protège.

Pour un bailleur, c’est différent :  désormais, il lui faudra expliquer au locataire quelles sont les causes et préciser aux locataires quels sont les remèdes pour supprimer un maximum d’anomalies. Notre travail de pédagogue sera nécessairement plus important. Et nous devons dès maintenant préparer et sensibiliser les donneurs d’ordre à ce nouveau sujet, encore plus en zone rurale, traditionnellement moins sensible au sujet du locatif ».

« Quant aux conséquences, on estime que ces obligations devraient engendrer 300 diagnostics de plus par diagnostiqueurs en moyenne. Face à ce volume important, j’ai anticipé en accompagnant l’installation de deux nouvelles sociétés près de chez moi ».

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