Le point de vue de Lionel Janot, Président de la FIDI, sur le marché du diagnostic amiante avant travaux

Infodiagnostiqueur : Pouvez-vous nous expliquer la mise en œuvre du diagnostic amiante avant travaux ?

Lionel Janot(*) : « À la différence des autres prestations, le diagnostic amiante avant travaux entre dans le cadre de l’évaluation des risques professionnels et s’attache donc au respect des dispositions du code du travail relatives à la protection des salariés.

Plus concrètement pour tous types de travaux, les entreprises et maîtres d’ouvrages ont l’obligation de connaître, d’anticiper et d’intégrer le risque amiante. Pour cela, il est nécessaire de faire réaliser un repérage des matériaux amiantés. Contrairement aux autres diagnostics amiante qui s’attachent à la réalisation d’une expertise sur l’ensemble du bâtiment, le diagnostic amiante avant travaux concernera un périmètre précis, en l’occurrence, celui de travaux décidés et définis ».

 

Infodiagnostiqueur : Quelles obligations découlent de ce diagnostic ?

Lionel Janot : « Bien entendu, en terme de compétences, l’opérateur doit être formé et certifié, même si, pour ce diagnostic, ce n’est pas une obligation. La Direction de l’Habitat, de l’Urbanisme et des Paysages du Ministère de l’environnement est actuellement en train de se pencher sur ce sujet pour homogénéiser les obligations tout en garantissant les compétences. La Fidi œuvre en ce sens, pour que la certification soit étendue à l’avant travaux.

Quant à la pratique, nous conseillons de faire appel, pour ce type de prestation, à un professionnel du diagnostic spécialisé en repérage amiante. Egalement, nous conseillons que le professionnel maîtrise le système constructif du bâtis. Pourquoi ? Car la découverte d’un matériau amianté est plus complexe qu’il n’y paraît. Un matériau et son utilisation sont liés à une époque, à des techniques de construction, des contraintes spécifiques de l’ouvrage. On s’aperçoit vite que la localisation des matériaux amiantés ne suit pas une logique linéaire. Il ne faut pas se leurrer, un bon diagnostic amiante avant travaux nécessite un travail en amont important et beaucoup d’échanges avec le maître d’ouvrage, qui se poursuit, pendant et à l’issue de la mission de repérage, pour lever les réserves. Si l’on veut rendre un rapport exhaustif et permettre l’exécution des travaux en toute sécurité, ce sont des conditions essentielles ».

 

Infodiagnostiqueur : Quel est le marché et quelles sont ses perspectives ?

Lionel Janot : « Les perspectives de marché existent pour des techniciens formés, certifiés, bien assurés et avec une véritable expérience du sujet. Le « chiffré » est complexe. Les petits maîtres d’ouvrages privés sont une minorité à le faire, alors que les maîtres d’ouvrages importants, publiques ou privés le demandent avant la réalisation des travaux, par le biais de marché de gré à gré ou d’appels d’offres.

Ces marchés peuvent être conséquents et la négociation des prix n’en sera que plus difficile. Cependant le repérage avant travaux représente du temps sur site, du temps pour la cartographie et le rapport, du temps en réunion avec le maître d’ouvrage. Ces étapes doivent être correctement rémunérées. Viendra s’ajouter l’analyse des prélèvements qui devront pouvoir être tous justifiés et ne pas constituer une variable d’ajustement.

Le rôle de l’opérateur de repérage avant travaux est essentiel dans la chaîne de déroulement des travaux. Le coût financier lié au traitement de l’amiante dans le bâtiment est suffisamment lourd pour le maître d’ouvrage, pour que le diagnostic soit juste, fiable et au bon prix. N’oublions pas qu’un repérage erroné aura des conséquences lourdes pour le maître d’ouvrage, qui seront supportées par le diagnostiqueur et son assurance".

 

(*)Lionel JANOT
Président de la Fédération Interprofessionnelle du Diagnostic Immobilier (FIDI)
Président de la société de diagnostics et expertises L3A DIAG