Diagnostic de performance énergétique : les mauvais résultats des logements et des diagnostiqueurs

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Une analyse du Commissariat général au développement durable révèle que plus de la moitié des résidences principales ont une étiquette énergie D ou E.

Le Commissariat général au développement durable publie une analyse sur les performances énergétiques des résidences principales tandis qu'une association de consommateurs dresse un sévère constat des professionnels réalisant les diagnostics de performance énergétique (DPE).

 

 

Plus de la moitié des logements ont une étiquette moyenne

 

En 2012, 53,6 % du parc des logements en France métropolitaine consomme entre 151 et 330 kWhEP/m2/an d'énergie et bénéficie d'une étiquette énergétique D ou E. Près d'un tiers offre une performance thermique faible (F ou G) et seulement 14 % des résidences principales sont classées dans les catégories les plus performantes, A, B ou C (0,3 % en A).

En matière d'émissions de gaz à effet de serre (GES), un tiers des logements est classé en A, B ou C, 40 % en D ou E, et un peu plus du quart en F ou G.

La date de construction du logement, son entretien ou la réalisation de travaux de rénovation, sa taille, son statut d'occupation et surtout l'énergie de chauffage utilisée (le  "tout électrique" est plutôt énergivore) et la localisation géographique (zone climatique) ont également un impact sur la performance énergétique et l'émission de GES.

Toutefois, il n'y a pas toujours de corrélation entre la consommation d'énergie et les émissions de GES : de faibles consommations d'énergie ne vont pas forcément de pair avec de moindres émissions de CO2, à l'exclusion des autres émissions de gaz à effet de serre et particules. Ainsi, le gaz, utilisé dans plus de 22 % des logements avec une étiquette « énergie » en A, B ou C, émet bien plus de GES que le bois ou l'électricité.

Concrètement, les maisons individuelles ont une meilleure performance thermique et émettent moins de GES que les appartements et les appartements équipés d'un chauffage individuel sont plus performants que ceux équipés d'un chauffage collectif. Les studios ou deux pièces du secteur locatif privé sont les logements les plus énergivores.

 

 

Le point sur les diagnostiqueurs

 

L'association 60 Millions de consommateurs a, pour sa part, réalisé une étude sur le travail des diagnostiqueurs. Il en résulte une grande variation des prix pratiqués selon les professionnels (de 40 à 250 €, selon les cas) et du classement attribué au logement. Ainsi, un même logement a par exemple été placé en catégorie D par la moitié des diagnostiqueurs testés tandis que trois le déclaraient en catégorie C et un dernier en catégorie B.

Près de la moitié des professionnels ont affecté une classe énergétique différente de celle de l'expert de l'association. Les carences constatées sont des approximations dans les chiffres, des erreurs de méthode, des recommandations irréalisables, etc.

En 2009, l'association avait déjà fait un constat comparable. Malgré la mise en œuvre d'un Plan de fiabilisation du diagnostic de performance énergétique en 2011, l'objectif n'est toujours pas encore atteint. Elle demande donc que de véritables compétences professionnelles soient exigées des diagnostiqueurs et que leurs outils soient normalisés afin de garantir une interprétation homogène des données.

 

Gaëlle Guyard
Code permanent Environnement et nuisances

 

Communiqué de presse de 60 Millions de consommateurs, 26 juin 2014

CGDD, Chiffres & statistiques n° 534, juill. 2014

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