Comment diminuer la concentration de plomb dans l’eau potable ?

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A compter du 25 décembre 2013, l'eau du robinet ne devra pas contenir plus de 10µg/l de plomb. A cet égard, un rapport analyse et évalue l'efficacité des actions engagées pour respecter cette future limite de qualité et formule diverses propositions d'action.

Réalisé par deux ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts, à la demande de la Direction de l'eau et de la biodiversité et de la Direction générale de la sante (DGS) et en partenariat avec le Haut Conseil de la santé publique, un rapport publié le 3 juin 2013, analyse et évalue les actions entreprises pour respecter la limite de 10?g/l de plomb dans l'eau potable. En effet, conformément à la directive européenne du 3 novembre 1998 relative à la qualité des eaux destinées a la consommation humaine, cette limite s'appliquera à partir du 25 décembre 2013.

Remarque : selon les experts, la notion de seuil en deçà duquel le plomb n'aurait pas d'impact sur la santé humaine n'existe pas. Toutefois, ces derniers s'accordent pour dire que des concentrations supérieures à 10 ?g/l ont des conséquences sanitaires sur le développement neurologique des enfants et entraînent également l'apparition de problèmes cardiaques ou néphrologiques. C'est la raison pour laquelle un tel taux est fixé par la directive.

Selon le rapport, malgré le vaste programme de remplacement des canalisations entrepris (près de  95% des branchements en plomb ont été remplacés), le pourcentage de dépassements de la limite de 10?g/l n'a pas varié.

De plus, bien que la directive de 1998 impose aux établissements fournissant de l'eau au public le respect des limites de concentration qui y sont définies, il apparait que le contrôle de cette obligation n'est pas aujourd'hui effectué de manière systématique. En outre, les particuliers ne sont pas obligés d'effectuer des travaux de remplacement de leurs canalisations ou appareils contenant du plomb.

Enfin, selon le rapport, le contrôle de la qualité des eaux est effectué sous la responsabilité des agences régionales de sante (ARS). Or, bien que celles-ci respectent les protocoles prévus, aucune information n'est disponible sur la représentativité des points de prélèvement, lesquels sont choisis de manière aléatoire par rapport au bâti existant.

La mission préconise en conséquence :
- de développer les actions d'information et de conseil et d'actualiser le site internet de la DGS pour expliciter les effets toxiques du plomb à faible dose et justifier ainsi la limite de 10?g/l de plomb dans l'eau potable ;
- de solliciter les professionnels de santé et les associations pour sensibiliser, informer et conseiller les personnes à risque ;
- d'introduire dans le code de la construction l'obligation pour les syndics de relayer auprès des propriétaires et usagers l'information sur la qualité de l'eau fournie annuellement par les personnes responsables de la production et de la distribution d'eau ;
- d'expliquer sur le site internet de la DGS les conséquences d'un dépassement de la valeur limite, ce qu'il est possible de faire en cas de dépassement, tout en mentionnant l'absence d'obligation légale de travaux pour le particulier découlant de la directive eau potable ;
- de réaliser une campagne d'analyses dans les établissements fournissant de l'eau au public qui seront identifiés par circulaire comme prioritaires et assurer un suivi par les ARS de la mise en œuvre des améliorations qui s'avéreraient nécessaires ;
- d'actualiser la circulaire du 5 février 2000 et préciser à cette occasion la conduite à tenir en cas de dépassement ;
- de solliciter un avis de l'ANSES sur l'intérêt d'un traitement de l'eau par ajout d'orthophosphates ;
- de réaliser une mesure de la teneur en plomb dans l'eau au robinet à l'occasion de mutations, dans les zones prioritaires délimitées par arrêté préfectoral ;
- de prendre en compte la qualité de l'eau distribuée dans la prescription de travaux liés à la lutte contre le saturnisme dans le cadre de la lutte contre l'habitat indigne ;
- d'assurer une qualité de l'eau au robinet conforme aux normes définies par la directive européenne sur la qualité des eaux destinées à la consommation humaine en cas de réhabilitation lourde ou de vente à la découpe.

Jennifer Shettle
Code Permanent Environnement et nuisances

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