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Le gouvernement avait promis en octobre 2010 une fiabilisation du diagnostic de performance énergétique (DPE). Six mesures ont été annoncées hier à cet effet. A partir du 1 er janvier 2012, les données saisies pour le diagnostic passeront ainsi de 30 à 60 et seront jointes au DPE pour le justifier. « Augmenter le nombre de données évitera que le logiciel assigne des valeurs par défaut aboutissant à un DPE différent selon l'opérateur et le logiciel utilisé », explique Xavier Faure, du cabinet de conseil Deveko, tout en soulignant : « Cela impliquera plus de temps, donc un surcoût, de l'ordre de 30 % ou 40 % sur la base d'un DPE d'environ actuellement 100 euros. » Il deviendra obligatoire d'utiliser un logiciel de calcul agréé et une base de données rassemblera la totalité des DPE, pour mieux suivre les pratiques.
MONTEE EN COMPETENCE
Par ailleurs, l'Etat s'attelle à la montée en compétence du secteur, soit 7.500 diagnostiqueurs exerçant en majorité dans des entreprises de moins de 3 personnes. Le niveau de l'examen de certification sera relevé, les diagnostiqueurs devront être bac + 2 et ils seront astreints à une formation continue. Ils doivent par ailleurs repasser leur certification tous les cinq ans et la première vague de « réexamen » interviendra l'an prochain. Pour éviter les fraudes, le ministère a récemment mis en ligne un annuaire (« diagnostiqueurs.application.developpement-durable.gouv.fr ») permettant de vérifier qu'un diagnostiqueur est bien certifié et d'avoir accès à ses coordonnées.
« Ces mesures sont sans surprise : elles précisent simplement les annonces faites en octobre 2010, juge Benoît Fauchard, en charge de la thématique DPE à la Fnaim. Mais il reste des zones d'ombre, notamment le contenu et les modalités de la formation continue obligatoire. » La question est sensible, car la formation n'est pas gratuite. « Le coût de la recertification devrait être, en incluant la formation, de l'ordre de 10.000 euros par opérateur, estime Xavier Faure. Il est donc probable que ceux approchant de la retraite y renonceront.»
Si le secteur est jeune (le premier diagnostic, l'amiante, date de 1996 et le DPE de 2006), ce n'est pas le cas des diagnostiqueurs : ils sont généralement issus de reconversions professionnelles, la moyenne d'âge du secteur est de 47 ans et les mesures annoncées engendreront probablement le départ de la première génération, ceux reconvertis à 50 ans dans les années 1990.
Source Les Echos 14/09/2011 - Myriam Chauvot